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Vienne la nuit sonne l'heure Les jours s'en vont je demeure



 
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Vienne la nuit sonne l'heure Les jours s'en vont je demeure

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Anonymous

Invité
MessageSujet: Vienne la nuit sonne l'heure Les jours s'en vont je demeure Vienne la nuit sonne l'heure Les jours s'en vont je demeure I_icon_minitimeMar 14 Avr - 19:09


       
Bailey T. Hollande

       
vulnerat omnes, ultima necat

       

       
FEATURING Jin Akanishi - EWARIEL

       
Salut tout le monde ! Moi c'est Bailey Tadao Hollande mais tu peux aussi m'appeler Gosujin-sama, Kamisama, Tadao-sama, ou plus simplement Dieu, Maître, ou Dieu suprême ça marche aussi. Je suis né le 15 décembre 1985 à Saint-Denis. Si tu comptes bien, ça me fait donc 29 ans. Autrement, je suis apparemment bi. Et dans la vie, je suis aussi fossoyeur. Et puis, je me sens bien ici : Earth

       
       
Toi ? Oh, t'es un dieu, y a pas de doute. T'es la meilleure personne qui soit, tu as tout ce que tu désires. Des dizaines de filles à tes pieds, te disant elles aussi que tu es merveilleux, tu les aurais sans problèmes si tu le souhaitais.

Enfin...

Tout ça, ce n'est qu'une image que tu te donnes. Les personnes qui, en dehors de ta famille, réussissent à te supporter se comptent sur les doigts. Il faut dire que tu n'essaies pas de faire des efforts. En quasi-permanence, une expression froide se loge sur ton visage. Il suffit d'un rien pour t'énerver et par dessus le marché, tu agis sans réfléchir. Tu as tout pour plaire, toi. Mais, le pire reste les sarcasmes que tu lances à tout bout de champ.

Tout ça, pour fuir encore et toujours le monde extérieur qui t'effraie tant.

Les quelques personnes qui passeront au-delà des apparences découvriront une toute autre personne. Toujours disponible pour rendre service ou écouter les confidences de malheureux momentanés ou de toujours qui peuvent être sûrs que les mots resteront prisonniers de tes souvenirs, tu peux malgré tout te faire apprécier. En particulier par les visiteurs du cimetière où tu travailles, qui auraient besoin de se confier.

Cependant, dès que ces quelques personnes commencent à réellement te connaître, toi, ta passion pour la mort, ta consommation d'alcool semblant excessive, ton paquet et demi de cigarette par jour, et que les soupçons de consommation de drogues dures apparaissent, tout se complique. Fatidiquement, ils tentent de t'aider. À chaque fois, tu assures que tu vas bien. À chaque fois que le reste est découvert, à chaque fois ou presque, au bout de quelques mois voir quelques semaines, il n'y a plus personnes.

Tes tentatives de suicide, tes bras couverts de cicatrices, tes rails de coke. Peu ont l'aveu de leur existence. Prendre le risque d'être abandonné est tellement dur.
       
Je m'appelle Apolline ou Yuukô et j'ai actuellement 16 ans. J'habite """près""" de Rouen dans le 76. J'ai connu le forum par JJ et c'est lumineuuux, j'aime luve . Et comme je suis quelqu'un de très bavard, j'ai un petit mot à ajouter : à l'admin qui va devoir lire les 15 pages de la présentation : ça va aller.

       
Code:
<span class="pris">► JIN AKANISHI</span> ∞ Bailey T. Hollande

       
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Anonymous

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MessageSujet: Re: Vienne la nuit sonne l'heure Les jours s'en vont je demeure Vienne la nuit sonne l'heure Les jours s'en vont je demeure I_icon_minitimeMar 14 Avr - 19:11


Ma petite histoire

Je vais te faire rêver mi amor


« La mort, qu'est-ce ? Le début d'une nouvelle vie, comme ce que bon nombre de gens croient, ou bien la fin de tout ? En voilà une bonne question. La mort est quelque chose qui me fascine. Ça paraît tellement réel et tellement irréel à la fois... et le meilleur c'est qu'il est arrivé que certaines personnes en revienne ! C'est ce qu'on appelle une EMI ou expérience de mort imminente.. Le cœur s'arrête puis repart miraculeusement, parfois la personne revient avec comme un lien qui la rattache à l'au-delà bien que ça paraisse étrange. Puis, il y a aussi toutes les différentes façons de mourir. Que ce soit d'une façon ridicule comme dans les Darwin Awards ou d'une façon recherchée, il en existe des tas.
On peut même le faire sans l'aide de personne. Dans ce cas la mort porte le nom de suicide. Quand on en arrive au suicide, en général, c'est que l'on a trop de problèmes pour continuer à vivre. Ça peut être pour des tas de raisons différentes. Des problèmes au travail, un amour non réciproque, une conscience peu tranquille. Ceci reste bien classique. Dans le même thème, on peut parler aussi des attentats-suicides, où quelqu'un se suicide en tuant un grand nombre d'innocents et ce au nom de convictions poussées à l'extrême. Ou alors des malades ou des gens atteints de problèmes psychologiques qui n'en peuvent plus de leur vie.
Il y a aussi des inventeurs qui ont été tués par leur invention, ce qui là est vraiment pas de bol. Même pas l'occasion de profiter de la renommée et de la fierté. Il y a aussi des personnes qui meurent pour en aider d'autres, comme les pompiers. Ou les policiers. Il arrive que des arrestations tournent mal et qu'un soit tué par le fugitif. Sans être tué, il peut aussi être gravement blessé au point d'être à un fil de mourir.
En ce qui concerne les meurtres, il y a beaucoup de possibilités : poignardé, noyé, mort par balle... Il y a aussi les morts causées par une maladie ou par la vieillesse. Une mort naturelle contre laquelle on ne peut rien. Une fois la mort arrivée, un point commun à grand nombre de religions est la vie après la mort. Là encore, il y a des tas de versions différentes... La mort est une chose tellement mystérieuse ! Tellement fascinante...
Une chose bien plus fascinante que ma vie. Mais puisque je dois parler de moi, soit. Par où commencer ? Par mon enfance, sûrement... Pourquoi est-ce que ma cousine m'a traîné ici ? Je lui ai dit pourtant que je n'aime pas les psys ! Elle a pris rendez-vous parce qu'elle s'inquiète pour moi. Apparemment, elle a vu les traces de coupure que j'ai sur les bras pendant que je me changeais et comme je n'ai rien voulu lui dire, elle a 'pris les choses en main'. Elle ne peut pas se mêler de ses affaires, celle-là ? Non, c'est trop lui demander ! Je n'en peux plus d'elle... Elle juste parano. Je vais très bien, contrairement à ce qu'elle semble penser. Cette impression de ne plus sentir mon corps lorsque je repense à mes malheurs passés ou présents est insupportable, j'ai juste besoin de trouver un moyen de revenir à la réalité. »
Je tirais sur les manches de ma chemise blanche. J'étais contre le fait de venir voir un psychologue mais pourtant j'avais commencé à lui raconter mes problèmes en toute honnêteté. Et même à dire à un parfait inconnu ce que je refusais de dire à Billy. Je savais très bien pourquoi je m'étais mis à parler, parce que comme ça, peut-être qu'elle ne m'abandonnerait pas comme elle risque de finir par le faire. Après tout, je ne suis qu'un pauvre – tout est relatif – malade mental comme il en existe des millions et qui par dessus le marché porte malheur.
« Je ne fais pas ça pour attirer l'attention. Je n'ai jamais essayé de me suicider pour attirer l'attention de mes parents, je n'avais pas besoin de ça. Ils ont toujours essayé d'être là. Je ne me souviens pas beaucoup de ma mère durant mon enfance. Elle s'appelle Akane, j'avais à peine cinq ans lorsqu'elle est repartie à Tokyo, là où elle est née. Son père était mourant et elle tenait à être avec lui pendant ses derniers jours. Elle n'a pas réussit à revenir à Saint-Denis, où j'ai passé mon enfance, alors en 1994 mon père à décidé qu'on allait la rejoindre au Japon.
J'étais dans une école française, je n'avais pas trop de mal à suivre les cours. J'arrivais à me débrouiller avec les japonais, ma mère me parlait dans sa langue natale quand j'étais petit. Je suis bilingue français et japonais, autant dire que je trouvais ça génial de comprendre les dessins animés qui passaient à la télévision. Je comprenais aussi les chansons qui passaient à la radio et réussissait à en retenir les paroles.
J'ai bien aimé vivre au Japon. Ce que j'ai moins aimé par contre, c'est le métro. En particulier lorsque j'ai dû le prendre le matin du 20 mars 1995. J'imagine que vous ne vous souvenez pas de ce qu'il s'est passé, mais moi je m'en souviens, très bien même. Attentat au gaz sarin. Il s'est avéré que les responsables faisaient partie d'une secte. Autour de moi, je voyais les passagers s'écrouler. Par chance, ma mère et moi avions réussi à sortir vite, mais pas assez. Elle a été hospitalisée plusieurs semaines. J'ai eu peur pour elle, surtout que c'était à cause de moi qu'on était dans le métro à cette heure-là. J'étais malade et mon médecin avait voulu me voir le plus tôt possible. Il s'était avéré que je n'avais en réalité rien qui avait justifié de se presser ainsi.
C'était la première fois que j'étais pris dans un événement de ce genre, mais c'était la seconde fois que j'avais eu peur pour ma vie. La première fois avait été lors du passage d'un cyclone à Saint-Pierre en 1989. Mon père avait rendu visite à des amis vivant au Sud de l'île de la Réunion et on avait été coincés sur place à cause des vents. J'ai eu peur, j'étais jeune. J'avais à peine trois ans. Mon père m'assurait que je n'avais pas à avoir peur. Comme à chaque fois qu'il me disait ça, je me demandais si je devais avoir confiance en ce que je pensais ou non. Je préférais le croire et essayer de me rassurer.
Suite à ça, une fois ma mère rétablie, on est partis à New York, histoire de partir loin de ce mauvais souvenir. Elle a trouvé un emploi dans une boulangerie en tant que vendeuse et mon père a lui aussi trouvé du travail. Mes parents ont eu de la chance de trouver si facilement. Tout s'annonçait bien... Personne ne se doutait que j'allais à nouveau assister à un attentat six ans plus tard. Celui-là, vous vous en souvenez forcément.
C'était un mardi matin, celui du 11 septembre 2001. J'avais dormi chez ma petite amie, elle s'appelait Élisa, on était dans la même classe et elle allait devenir mon épouse quelques années plus tard. Elle habitait dans le quartier où c'est arrivé. Ce jour-là, comme on n'avait pas italien, on commençait à onze heures. Le bruit du 1er impact nous a tiré du doux sommeil dans lequel nous étions plongés. J'étais dans ses bras, la tête contre son épaule. Cette journée avait tout pour être parfaite, avant que que l'on ne soit réveillés. Après avoir vu le second impact par la fenêtre, on s'est habillés et on a couru aussi vite que possible sur le lieu de la catastrophe pour voir si on pouvait aider d'une façon ou d'une autre. Jamais je ne pourrais oublier les cris de ces pauvres gens, ni l'image de ceux qui, tentant le tout pour le tout, sautaient par la fenêtre pour tenter de sauver leur peau. On voulait aider, mais devant l'ampleur de la catastrophe nous étions incapable de faire autre chose que de serrer l'autre dans ses bras et regarder le désastre horrifiés.
Tous les deux, nous ambitionnions d'être au service des autres plus tard. Elle voulait être pompier, moi policier. En ce matin de fin d'été, nous avons réalisé à quel point ces métiers étaient difficiles et qu'à part si c'était une vocation, ils risquaient de vite devenir insupportables. On était jeunes, c'est sûrement pour ça que nous avons mis du temps avant de réussir à se lâcher et aller porter secours aux survivants. J'ai toujours aimé aider les autres. Je suis fait pour être policier, pourtant une autre voie m'a appelée. Totalement différente. Je ne suis plus policier depuis plusieurs années désormais. J'ai tout quitté pour devenir fossoyeur, mais ça c'est une autre histoire.
Au bout de sept nuits passées à revivre cette horrible journée, je n'en pouvais plus. Alors, pendant l'après-midi, tandis que j'étais persuadé que personne n'allait arriver dans l'appartement, j'ai été prendre un couteau bien aiguisé dans la cuisine et j'ai voulu m'ouvrir les veines, mais mon père est arrivé et s'est empressé de m'en empêcher. C'était ma première tentative de suicide, la première d'une longue série... Il m'a proposé d'aller voir un psy, sachant que j'allais mal depuis le 11 septembre. J'ai accepté. La psy qu'il a trouvé était très gentille, adorable. Par contre, j'avais peur du stagiaire qu'elle avait avec elle. Son regard me faisait peur, j'avais l'impression qu'il essayait de m'étudier sous toutes les coutures. Parfois, il chuchotait à l'oreille de la psy.
Au bout d'une dizaine de séances, elle m'a demandé si je présentais des symptômes parmi une liste de neuf. J'ai été honnête et lui ai dit que c'était vrai que je faisais tout pour ne pas être abandonné, que j'avais tendance à valoriser puis dévaloriser parfois aussitôt mon entourage, que j'avais du mal à maîtriser ma colère et qu'il m'arrivait d'être en rage sans raison, que je souffrais de dissociation et que je n'avais pas trouvé autre chose pour la faire cesser que de me faire mal, ce qui revenait au symptôme abordant l'automutilation. Elle allait dire quelque chose lorsque je lui ai coupé la parole et ai ajouté que je ne mangeais presque rien, que ça pouvait être de l'anorexie mais que si tel était le cas ça ne la regarderais pas, et qu'il m'arrivait de boire beaucoup. Impulsivité avec l'alcool, en résumé.
Son stagiaire et elle se sont regardés, puis elle a reposé son regard sur moi en annonçant qu'elle avait remarqué que j'avais une certaine instabilité émotive et un comportement impulsif. Pour l'impulsivité, c'est du côté de mon père dont je tiens ça. Elle m'a dit que grâce aux observations de son stagiaire, aux siennes et aux symptômes que je disais présenter, elle s'était rendue compte que je souffrais sûrement de personnalité borderline. Ça pourrait avoir été causé par la séparation avec ma mère pendant mon enfance... Je refuse d'y croire. Ça serait trop injuste. Pourquoi devrai-je la considérer comme responsable, hein ? Elle qui a eu si peu de chance dans sa vie. En plus de ses problèmes depuis l'attentat, enfant elle a fait une mauvaise une mauvaise chute et a depuis une cicatrice sur le visage, inratable. Ce qui ne l'empêche pas d'être très belle, selon moi... je ne sais pas si mon point de vue est très objectif... À l'adolescence on se moquait d'elle. Depuis ce jour où on l'a accusé si injustement, j'ai décidé de fuir les psychologues autant que possible.
De toutes façons, j'en ai déduit que les précédentes séances avaient été inutiles car les images du 11 septembre étaient toujours gravées en moi. Aujourd'hui encore elles le sont, d'ailleurs. Sauf qu'aujourd'hui, c'est encore pire qu'avant. Je me suis rendu compte de certaines choses. D'ailleurs, je viens de me rendre compte d'autre chose. Je suis en train de raconter ma vie à un parfait inconnu qui pourrait utiliser mes dires contre moi. Je viens de lui avouer une partie de mes faiblesses. »
Voilà ce que ça faisait, de vouloir faire plaisir aux autres. Certes, tout le monde n'était pas sarcastique comme moi... Mais moi, à sa place, j'aurai usé de sarcasme pour l'enfoncer encore plus bas que terre. C'est tellement amusant à faire. C'est tellement drôle de faire souffrir les autres pour oublier à quel point on souffre. Je le faisais souvent avec Billy. Une cible tellement facile, incapable de se défendre. À qui je tenais beaucoup, comme April et le reste de ma famille.
« Quelques années plus tard, j'ai commencé mes études pour être policier. J'étais toujours avec Élisa, on était fiancé depuis nos dix-neuf ans. Depuis le 11 mars 2005. Quelques mois plus tard, on a appris qu'elle était tombée malade. Une maladie pulmonaire. Je sentais bien que depuis quelques temps elle allait mal. Ma pauvre Élisa... »
Je m'arrêtai de parler un instant, fixant le sol, les genoux ramenés contre ma poitrine. De désagréables souvenirs remontaient et j'eus l'impression d'avoir un mal fou à respirer. Je sentais tout mon corps trembler. Si je ne réussissais pas à me calmer tout de suite, j'allais exploser. D'abord, j'allais faire une grosse crise de panique. Ensuite, je me mettrais à hurler, en rage, sans raison apparente.
« Vous semblez aller mal, on peut arrêter là pour aujourd'hui. »
Je secouais vivement la tête. Non, je ne le voulais pas. Si M. Reynolds l'apprenait, il serait bien trop content de savoir que son sadisme me touchait autant. Ma tête tournait. Inspirer. Expirer. Enfin, essayer. Au bout de plusieurs longues minutes, je finis par réussir à me calmer, enfin, plus ou moins.
« C'est bon. Je dois le faire, pour Billy. Je lui ai dit que je raconterai tout à son charlatan incompétent dont le QI est identique à sa pointure de chaussure. Nous nous sommes mariés le 5 mai 2005, à Saint-Denis. L'année passée, je l'avais convaincue de venir voir ce à quoi ressemblait mon pays. Enfin, la région où j'avais grandi. Je ne suis pas souvent allé en métropole, même si tout le reste de ma famille paternelle ou presque y vivait, à l'exception de ma tante Théodora et de sa fille. Je n'ai jamais vraiment aimé ma tante. À chaque fois que j'étais sarcastique avec elle – à savoir qu'à cette époque c'était rare – elle s'emportait et se mettait à hurler à mon père qu'il m'avait mal élevé, que je manquais de respect. Laissez-moi rire ! Elle n'était pas en position de juger puisque l'enfant qu'elle a eu, elle ne s'en est presque jamais occupé. Jamais, en fait. Elle refilait la pauvre April à mon autre tante, Ombeline. C'était quand on leur rendait visite que j'allais en métropole, à Marseille.
Je vivais donc à Saint-Denis, avec Élisa, marié. Que dire d'autre ? À notre voyage de noces, nous sommes allés aux États-Unis, à la Nouvelle-Orléans. C'était une ville qu'elle voulait visiter depuis son enfance, mais ses parents n'avaient jamais eu l'argent nécessaire pour l'y emmener. On y a passé deux excellentes semaines, en août. À la fin du mois, la télévision nous a apprit qu'un cyclone avait dévasté la région. Auparavant, je doutais encore, mais lorsque j'ai appris ça, j'en fus persuadé. Je porte malheur. Il n'y a rien de surprenant à ce qu'il arrive un malheur aux personnes que je rencontre. J'avais mis les pieds sur ces lieux quelques jours auparavant. J'ai voulu, encore une fois, me suicider. Je ne l'ai pas fait, je ne voulais pas faire souffrir encore plus ma pauvre Élisa. J'ai pris sur moi. Cette période fait partie de celles où j'ai le plus souffert de dissociation, vous savez, quand on a l'impression de quitter son corps. J'ai lu que c'était un phénomène permettant de ne pas souffrir à cause de ses souvenirs et que souvent, les personnes comme moi essayaient de retrouver leurs sensations en s'automutilant. »
J'avais depuis longtemps pris cette habitude. Avoir l'impression de ne plus être dans son corps est vraiment paniquant. Je ne m'attardais pas plus longtemps là-dessus. J'imaginais que ce psy avait fait des études et qu'il voyait de quoi je parlais. Je penchai la tête en arrière, de façon à voir le plafond. Gosh, il aurait bien besoin d'un peu de nettoyage. Il y avait une tache dessus. On aurait dit du café. Qu'est-ce que du café ferait au plafond ? D'un geste de la main, je repoussai ma frange de mon champ de vision et plissai les yeux. En fait, on ne dirait pas vraiment la couleur du café. On aurait plutôt dit une tache de vin. C'était plus du violet que du marron. Je soupirai et fermai les yeux. Il fallait que je continue de raconter ma vie. Plus vite ça serait fait plus vite je pourrais retourner jouer à Pokémon.
« L'année suivante, j'ai fini mes études et j'ai enfin intégré la police. Je me sentais mal pour Élisa. À cause de sa maladie, elle avait été obligée d'abandonner son rêve. J'ai eu la chance de pouvoir intégrer un commissariat de Saint-Denis. Je n'ai pas été tant que ça sur le terrain, en tous cas pas pour des choses dangereuses.
J'aurai bien aimé arrêter un mafieux ou quelque chose comme ça, bien sûr. Tout policier aimerait ça, non ? Mais moi, simplement aider une grand-mère à retrouver le voleur de son sac suffisait à me satisfaire de ma journée. Pendant ce temps, Élisa allait de plus en plus mal. Oh, ce n'était pas encore vraiment inquiétant. Mais je voyais bien qu'elle allait moins bien qu'avant. J'avais juste peur pour elle... je l'aimais. Tellement.
Je tenais à elle bien davantage que ma misérable petite vie. Oui, je sais, j'ai tout pour être heureux : une famille aimante, un travail aussi morbide soit-il, de l'argent, beaucoup d'argent même, une santé physique pas trop mauvaise. Pourtant je veux me suicider. Je suis conscient que des gens beaucoup plus mal que moi se battent corps et âme pour survivre. Les personnes qui veulent vraiment mourir y arrivent du premier coup, dit-on. Peut-être suis-je trop lâche pour réussir. Peut-être suis-je voué à enchaîner tentative de suicide sur tentative de suicide, misérablement, jusqu'à ce que je réussisse. Ou que je meurs naturellement, de vieillesse.
Un jour, j'ai bien cru que j'allais y passer, que j'allais enfin être libéré de mes problèmes. À cette époque, je n'avais pas tant de problèmes que ça. C'est vrai, maintenant tout a empiré. Ça a commencé avec le 10 juillet 2006. J'avais été mis sur une enquête pour laquelle j'avais dû infiltrer une bande de criminels. Ils avaient un réseau de trafic de drogues et s'occupaient de blanchissement d'argent. C'est à cette époque que j'ai commencé à toucher à la drogue, malgré les problèmes que je risquais d'avoir si ça venait à être su, étant dans la police. Ce 10 juillet, on aurait dû les arrêter, les foutre en garde à vue avec un tas de preuves les accusant. L'arrestation a mal tourné et l'un d'eux m'a tiré dessus. Sauf que comme cette arrestation n'était pas vraiment prévu, je n'avais pas de gilet pare-balle ni rien. J'avais juste mon arme sur moi mais avant de perdre connaissance, j'ai juste eu le temps de m'écrouler sur le sol, main au niveau du cœur, un léger sourire sur les lèvres. Depuis le temps que j'essayais d'en finir avec cette putain de vie.
À mon réveil, l'infirmière s'occupant de moi m'a dit que j'aurais dû y passer, que si j'étais encore en vie c'était un miracle. Il me semble que c'est à partir de ce moment que j'ai commencé à être tant fasciné par le mystère de la mort. Si je l'ai frôlé, pourquoi n'y suis-je pas passé, comme ce que je désire depuis si longtemps ? Je ne vais pas repartir sur le sujet de la mort, je pense en avoir déjà bien parlé au début de la séance.
J'ai repris le travail une fois mon état arrangé. Voyant bien que je n'étais pas au mieux de ma forme, le commissaire m'a obligé à aller voir une psy soi-disant spécialisée dans le domaine professionnel. Au bout de quatre mois, j'ai craqué et j'ai demandé à quitter la police. La psy disait que c'était la meilleure chose a faire. Selon elle, rester dans la police était dangereux pour moi, j'étais psychologiquement fragile à cause de ce que j'ai vécu ce jour-là. C'est vrai que j'ai eu peur. Je souriais car je pensais que j'allais être débarrassé de cette vie mais j'étais mort d'inquiétude en même temps, pour ma vie, aussi étonnant que cela puisse paraître, mais aussi et surtout pour Élisa. Elle était malade et souffrait à cause de ça, alors qu'aurait-ce été si elle m'avait perdu ? J'ai aussi pensé à mes parents, à ma famille. Billy m'a toujours beaucoup aimé, peut-être car on ne se voyait pas souvent avant cette année. Elle aurait sûrement été triste. Enfin bref... En arriver à quitter la police a été dur pour moi. Un vrai supplice. Depuis que j'étais capable de penser sérieusement, je voulais être policier pour aider les plus faibles à se défendre. Et voilà qu'à cause de cet accident, je devais tout abandonner. Et abandonner l'une des seules chose qui me maintenait en vie pour quoi, hein ? Pour rien, nada, que dalle ! Que dalle ! Je n'avais pas envie de me lancer dans mes études plan B, des études d'informatique spécialisées dans la création de jeux vidéos. Ma pauvre Élisa était en train de mourir petit à petit, je ne pouvais plus travailler dans la police. J'ai vraiment dû lutter pour ne pas essayer d'en finir, une nouvelle fois.
En septembre 2008, Élisa me demanda si on pouvait retourner à New York, en me disant qu'elle voulait mourir là où elle avait passé la plus grande partie de sa vie. Je n'ai pas réussi à retenir mes larmes. Elle m'a dit qu'il ne fallait pas pleurer. Une fois de plus, on me faisait douter de mes pensées, de mes sentiments. Encore une fois, j'ai dû réaliser qu'un jour, je ne me réveillerais plus à côté d'elle. La nuit, je l'entendais respirer bien difficilement. Elle avait fini par développer des difficultés respiratoires. Je ne pouvais rien faire d'autre que m'inquiéter. J'étais impuissant. Les médicaments l'aidaient, mais malheureusement... plus le temps passait, plus ils devenaient inutiles. Un peu comme les médicaments que la première psy m'a prescrit pour mon problème. Je vous jure que je les prends, mais je suis toujours aussi souvent en colère et j'ai toujours autant d'envies suicidaires et de comportements à risque.
Fin mars 2009, cette passion pour la mort que j'ai m'a poussé à vouloir devenir fossoyeur. Quand on me voit, ça peut surprendre que j'ai la force nécessaire pour ça, car c'est vrai que je ne suis pas épais. En raison de la courte durée de la formation, j'ai pu commencer à travailler fin avril. Lorsque j'ai fait part de ma décision à Élisa, elle a essayé de me faire changer d'avis, en disant pressentir que ce travail allait me détruire pour de bon. Elle avait raison, mais je ne le savais pas encore. »
Je soupirai, tête toujours vers le plafond et yeux fermés. Je les fermai un peu plus fort. Je me sentais mal, rien qu'en y repensant vaguement. J'avais l'habitude, ça m'arrivait tous les jours, ces souvenirs qui revenaient. En même temps que les dissociations. Malheureusement, j'allais devoir supporter. Je doutais fortement que ce psy accepte que je sorte mes lames.
« Le gardien du cimetière où je travaille est un vieil homme, aux cheveux blancs. Monsieur Reynolds, s'appelle-t-il. Il a l'air sympathique, aux premiers abords, mais... c'est la personne la plus horrible qu'il m'ait été donné de rencontrer. Avec moi, en tous cas. Avec mes collègues et les familles et amis des défunts, il est parfait. Peut-être est-ce parce que j'ai essayé d'être plus sarcastique que lui, dès notre rencontre ? Sarcasmes, méchancetés... je ne sais pas vraiment quel nom conviendrait le mieux à ce genre de paroles, en fait. Parfois je pense ce que je dis, parfois c'est simplement du sarcasme. Le plus souvent, je suis incapable de le savoir. Ce dont je suis sûr, c'est que plus l'état d’Élisa empirait, plus souvent je l'étais. Toujours est-il que depuis, je suis ainsi avec tout le monde. Je l'ai été avec lui aussi. Je l'ai payé. Je l'ai payé tellement fort.
J'ai toujours eu peur d'être abandonné, j'ai toujours tout fait pour ne pas l'être. Pourtant, malgré tout ce que j'ai fait pour qu'elle aille le mieux possible, ce qui devait arriver arriva. Le 28 avril 2009, la dernière chose qui me maintenait en vie me fut retiré. Ses difficultés respiratoires ont eues raison d’Élisa. Lorsqu'on m'a prévenu, ça faisait déjà cinq heures. J'ai failli me déplacer pour faire un scandale parce que c'était de mon épouse dont on parlait, la personne comptant le plus pour moi, mais j'avais été le dernier prévenu. La famille était au courant depuis deux heures, mais moi, on m'avait oublié. C'est ce qu'ils m'ont dit. Vous y croyez, vous ? Quelle bande de bons à riens, le personnel d'hôpital.
Évidemment, j'étais mal. Très mal. Je me suis empêché de pleurer, comme toujours, refoulant mes émotions comme j'en ai l'habitude. J'errais dans les allées, sans me rendre compte que la nuit tombait. Il faisait nuit noire lorsque j'ai entendu une voix demander qui était là. Je me suis pris le faisceau de la lampe de poche en pleine figure. C'était M. Reynolds. Il m'a demandé ce que je faisais encore là à une telle heure. J'ai regardé mon portable et, effectivement il était tard. Il était deux heures du matin. À ce moment, j'ai fait une erreur que je regretterai toute ma vie, sans le moindre doute. Je lui ai dit ce qu'il se passait. Je lui ai aussi avoué que je suis sûr que je porte malheur, à cause de toutes ces catastrophes auxquelles j'ai assisté où tant de gens ont perdu la vie. J'ai ajouté que si ça se trouvait, si je n'avais pas rencontré Élisa, elle ne serait jamais tombée malade. Et qu'a-t-il répondu ? À sa place, n'importe qui aurait essayé de me convaincre du contraire. J'ai fait la pire erreur de ma vie en lui parlant de mes faiblesses. J'ai parlé un bon moment, j'étais tellement mal que j'avais eu besoin de parler de tout ce qui me posait problème, y compris de ma personnalité dite borderline.
Quelqu'un ayant un minimum de compassion aurait essayé de me persuader que j'avais tort. Il a confirmé mes dires, disant que c'était sûr que si je n'avais pas posé les pieds sur ces lieux et rencontré ma femme, rien ne serait arrivé. Cette fois, ça allait au-delà du sarcasme. C'était de la méchanceté pure et simple. Peut-être pas de la méchanceté gratuite, je l'avais cherché, lorsque j'ai commencé à travailler là-bas. C'est aussi ce soir-là qu'il a trouvé mon surnom. Raven. Il a justifié ce surnom en disant que comme les corbeaux, symbole de malheur en Europe à cause de leur présence sur les champs de bataille, j'étais synonyme de mort. Quiconque m'approche devrait ensuite avoir peur pour sa vie. À son sourire, j'ai vu qu'il était satisfait d'avoir réussi à m'enfoncer davantage. S'il s'était arrêté là, j'aurais eu de la chance. 
Quatre jours plus tard, c'était la veille de l'enterrement d’Élisa. C'était aussi la vieille de mon ''vrai'' premier jour de travail en tant que fossoyeur. J'avais déjà eu plusieurs tombes à creuser, mais je n'avais pas encore eu d'enterrement à m'occuper. M. Reynolds est venu me trouver vers dix-neuf heures pour me l'annoncer. Je lui ai rappelé que l'enterrement de mon épouse avait lieu le lendemain, le 3 mai et que je ne pouvais donc pas travailler. Il a répondu qu'il n'y avait aucun problème à cause de ça, justement. La suite, j'ai cru halluciné. Je lui ai fait répété, et j'ai réalisé que la voix que j'avais entendu n'était pas une illusion causée par cette profonde peur. Le nom de la personne que j'allais devoir enterrer était Élisa C. Hollande. ''Le métier de fossoyeur nécessite de cacher ses émotions'', a-t-il ensuite ajouté. ''Ça ne devrait pas te poser de problèmes de toutes façons, puisque c'est une habitude chez toi de refouler tes émotions, puisqu'on t'a toujours dit qu'elles étaient inappropriées.'' J'ai commencé à faire une crise de panique. Tant bien que mal, j'ai réussi à la repousser. ''Tu es tellement faible, je suis sûr que ce métier n'est pas fait pour toi. Demain j'aurais la confirmation de ce que je pense.'' »
J'entendais encore ses paroles, prononcées avec un tel calme. Comme si que c'était quelque chose qu'il disait tous les jours. La frontière entre le sarcasme et la méchanceté avait été dépassée depuis plusieurs jours, ça ne m'étonnait plus qu'il m'ait demandé une telle chose. J'avais essayé, une nouvelle fois, de me suicider, mais le téléphone m'en avait empêcher. C'était mon père, il avait appelé pour dire que ma mère et lui venaient d'arriver à New York. Je leur étais réellement reconnaissant d'avoir accepté de faire ce long voyage depuis le Japon, où ils étaient repartis l'année où j'étais retourné à New York, pour pouvoir être avec moi durant cette épreuve. Enfin, cette épreuve... je ne leur avais pas dit que j'allais devoir enterrer moi-même Élisa.
Je me souvenais de cette matinée comme si c'était hier... jamais je ne pourrais ôter ce souvenir de ma mémoire. Il faisait bon, le ciel était bleu. La journée était vraiment magnifique. Pourtant, je n'arrivais pas à voir le beau temps. Tout était si sombre à l'intérieur de moi. Le tonnerre grondait, la pluie tombait, incessamment. J'étais désespéré. Ma tante, Ombeline, fut la première arrivée. Elle était avocate et avait dû venir à New York pour assurer la défense de son client, je ne sais pas si elle aurait été là, sinon. Quand je la vis, je ne pus m'empêcher d'éclater en larmes dans ses bras, malgré mes vingt-trois ans. J'étais resté comme ça un bon quart d'heure. Lorsque j'eus fini par me calmer, elle passa sa main dans mes cheveux, de ce geste rassurant et protecteur qu'elle avait toujours eu et m'assura que je ne devais pas pleurer. Ça ne ramènerait pas les morts et, selon elle, Élisa n'aurait pas aimé me voir ainsi, si triste.
J'avais dû quitter l'église une vingtaine de minutes après le début de la messe pour rejoindre M. Reynolds au cimetière, pour vérifier que tout était prêt. Il avait ce sourire sadique et satisfait sur les lèvres. Le collègue qui était avec nous, Dawson, lui, avait l'air sincèrement désolé de ce qu'il m'arrivait. Lorsque nous ne fûmes que tous les deux, il m'assura qu'il était mal pour moi, qu'il ne savait vraiment pas ce que M. Reynolds avait contre moi pour m'avoir fait ça. J'avais secoué la tête en disant que ce n'était rien, mais ma voix avait déraillé. J'imagine qu'en me voyant partir, certains s'étaient demandés où j'allais. Je pense que personne ne s'était douté de la suite. C'était tellement sadique de m'avoir fait ça. J'avais eu envie de pleurer de nombreuses fois, mais il me suffisait de relever le regard et de voir M. Reynolds en retrait, son sourire satisfait sur les lèvres, pour réussir à me retenir.
Je rouvris les yeux. La tache au plafond était devenue rouge. Rouge sang. Je recommençais à délirer... Je soupirai longuement puis redressai la tête.


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MessageSujet: Re: Vienne la nuit sonne l'heure Les jours s'en vont je demeure Vienne la nuit sonne l'heure Les jours s'en vont je demeure I_icon_minitimeMar 14 Avr - 19:12


Ma petite histoire

Je vais te faire rêver mi amor


« Je ne lui ai pas laissé le plaisir de me voir craquer. Quand j'ai fini ma journée, mes parents m'attendaient à la sortie du cimetière, se doutant que j'allais encore plus mal qu'avant depuis le matin. Là, j'ai craqué pour de bon. J'ai mis deux bonnes heures à me calmer, si ce n'est pas davantage. J'étais, en plus, en pleine crise de panique. Je suis sûr que M. Reynolds m'a vu. Il devait être content de lui. Le lendemain, j'ai demandé deux mois de congés, quitte à ce qu'ils soient retenus sur mon salaire et, comme mes parents me l'avaient proposé, je partis quelques temps avec eux au Japon, à Tokyo. Le Japon est un pays que j'aime beaucoup, que ce soit en ce qui concerne la cuisine, la musique ou les lieux, j'ai donc bien profité. J'ai passé tout mon temps à manger, écouter du visual kei et jouer aux jeux vidéos. À la fin, j'allais mieux. J'étais surpris de voir à quel point ça m'avait fait du bien de quitter New York.
J'y suis malgré tout retourné, six mois plus tard que ce qui était prévu. J'y avais mon travail, et je refusais de m'avouer si facilement vaincu. Je crois que M. Reynolds ne s'attendait pas à me revoir, surtout après autant de temps. Je me souviens encore de l'expression qu'il avait en me voyant revenir, un matin de la première semaine de janvier, un sourire déterminé sur mon visage dont le haut était caché par ma frange commençant à devenir trop longue et la capuche de ma cape. Il avait l'air incrédule, déçu, énervé. Son visage a ensuite montré une pointe d'amusement. Ce sourire déterminé que j'avais n'était pas innocent... ''Je suis de retour, et maintenant je ne vais pas me laisser faire comme je l'ai fait. De toutes façons, je n'ai désormais plus personne à perdre, vous ne pourrez plus me faire enterrer une personne ayant compté pour moi.'', signifiait-il. Il l'a bien compris. Je le provoquais. J'étais décidé à lui faire payer ce qu'il m'avait fait. C'est la résolution qui était en haut de la liste de 2010. La période qui suivit, et qui dura plusieurs mois, fut sûrement désagréable pour toutes les personnes travaillant là. Pas un jour ne passait sans que l'on ne se hurle dessus, en se lançant ce qui n'était plus des sarcasmes depuis longtemps.
Cette joute verbale incessante a finit par en arriver aux mains, fin septembre. M. Reynolds a perdu son calme et notre mésentente a monté d'un niveau. Malgré ses sûrement soixante-dix ans, il est en meilleure forme physique que moi. Ma cinquantaine de kilos n'a pas fait longtemps le poids, mais je refusais de me laisser faire. Hors de question qu'il gagne la partie. Je sentais mon sang couler sur mon visage alors que lui n'avait que quelques égratignures et rien que ça, ça me donnait la force de continuer. Enfin... Plus je me prenais de coup, plus ma force partait et plus ma tête tournait. Au point que je finisse incapable de réfléchir à une pique à sortir et par ne plus rien sentir. Plus de douleur. Dans ce genre de moments, la dissociation est bien pratique. J'ai entendu des pas se rapprocher puis la voix, lointaine, de Dawson s'indigner. Je l'ai vaguement vu venir s'interposer entre nous. Lui a une carrure autrement plus impressionnante que la mienne. Pas des masses non plus, mais déjà, il faisait plus le poids face à M. Reynolds. Ils ont parlé, enfin, crié quelques instants. Je les entendais de façon lointaine et sans vraiment les entendre. Je serais incapable de dire de quoi ils parlaient. Dawson a fini par repartir et, alors qu'il n'avait fait que quelques pas, je me suis pris le dernier coup de la journée, qui me fit tomber dans les vapes.
Lorsque j'ai repris connaissance, mon corps entier me faisait un mal de chien. Apparemment, j'étais resté inconscient deux jours et demis. C'est ce que Dawson m'a dit. Au moment où j'ai ouvert les yeux, en râlant à cause de la douleur, c'est lui que j'ai vu en premier. J'ai été surpris de le voir. Il n'a pas tout de suite remarqué que j'avais repris conscience, il a fallu attendre que je lui demande ce qu'il m'était arrivé pour ça. Il s'est rapproché et m'a répondu qu'en entendant un bruit derrière lui, il s'est retourné et m'a vu au sol. Il s'est pris le bec avec M. Reynolds quelques instants avant de m'emmener voir son médecin qui nous a redirigés vers les urgences. Depuis deux jours, il n'allait pas travailler pour veiller sur moi.
Je n'ai pas su comment réagir. Je n'étais pas particulièrement proche avec Dawson, à cette époque. Il était avec moi le jour de l'enterrement de ma femme, on se parlait et on travaillait ensemble de temps en temps mais c'était tout. Ce n'était vraiment pas lui avec qui j'étais le plus ami. J'étais surpris qu'il sache que le nom que M. Reynolds utilise pour parler de moi est un surnom, que je ne m'appelle pas Raven mais Bailey. Je l'ai remercié pour son aide, lui promettant que je lui rendrai la pareille. Il a sourit et m'a dit que ce n'était pas la peine, que de toutes façons, m'avoir laissé dans l'état que j'étais sans rien faire aurait été de la non assistance à personne en danger. J'en ai profité pour lui demander ce que j'avais. Plusieurs fractures et quelques côtes déplacées. C'était sûrement pour ça que chaque mouvement que j'avais le malheur de faire me faisait souffrir ainsi.
''Je veux ma revanche'', ai-je lâché. Dawson m'a rappelé que si je ne me musclais et ne grossissais pas, il y avait peu de chances que je ne me retrouve pas une seconde fois dans l'état dans lequel j'étais. Il avait raison. Il m'a ensuite dit qu'il allait veiller à ce que ça ne se reproduise pas et m'a conseillé de porter plainte. J'ai esquissé un sourire en coin. Je ne voulais pas m'embarrasser d'un procès, car bon, il n'y avait pas que pour coups et blessures que j'aurais pu et dû porter plainte. M. Reynolds fait de ma vie un enfer et ce depuis que je le connais. D'un côté, c'est moi qui ait commencé. Je n'aurais pas commencé avec mes sarcasmes, sûrement qu'il ne me persécuterait pas tant. Enfin, persécuter... peut-être que ce n'est qu'un délire, après tout ça ferait partie du trouble de la personnalité limite et en plus ma tante est paranoïaque.
Dawson m'a dit que dans ce cas, j'allais devoir être prudent, un collègue lui avait donné des nouvelles de M. Reynolds et apparemment, depuis qu'il avait pété un câble et que j'étais absent, il était en rage, voulait me faire payer d'être encore en vie ou en tous cas de ne pas avoir démissionner et avait perdu une grande partie de sa gentillesse habituelle avec les autres. Que comptait-il faire ? Me tuer ? Je n'en sais rien, pour être honnête. Je sais juste que, peu rassuré à ma sortie de l'hôpital, j'ai préféré vendre mon appartement dans Manhattan et retourner quelques mois au Japon. À cette époque, mes parents vivaient chez le frère de ma mère, près de Fukushima...
Ils étaient tous les trois contents de me revoir. Tous les trois ; ma mère, mon père, mon oncle. J'étais moi aussi content de les retrouver. Mes marques et cicatrices étaient encore bien visibles à cette époque, ils s'étaient empressés de me demander ce qu'il m'était arrivé. J'ai mentis et j'ai dit que je m'étais ramassé dans les marches. Je ne pouvais pas dire ce qu'il s'est réellement passé, j'avais tout de même ma fierté. Et je ne voulais pas qu'ils s'inquiètent. Ils m'ont cru, la discussion a rapidement été close. Heureusement d'ailleurs. J'ai, pendant les quelques mois que j'ai passés avec eux, remarqué que l'atmosphère était étrange. Quelque chose n'était pas habituel, j'avais l'impression que l'on me cachait quelque chose. Pour être honnête, je n'ai pas cherché plus que ça ce dont il pouvait s'agir. Je l'ai appris plus tard et franchement, je me dis que j'ai bien fait de passer encore une fois mon temps à jouer aux jeux vidéos comme un adolescent. De toutes façons, c'est simple, à chaque fois que je retourne chez mes parents, au Japon, c'est que je vais mal. Dans ces moments-là, on n'a vraiment pas envie de faire quelque chose de ses journées... Je passais ma journée sur mes consoles, en jouant parfois avec mon père, mon oncle ou même ma mère, qui est hyper forte aux jeux vidéos, d'ailleurs, et toujours en écoutant toute sorte de dérivés de rock japonais. Parfois, la nuit bien avancée, j'entendais des murmures venant de la pièce d'à côté, venant du salon. Je n'ai jamais vraiment essayé de comprendre ce que ma famille racontait... je m'en fichais et j'étais toujours à fond dans mon jeu. Maintenant, je suis presque sûr qu'ils parlaient de... de ''ça''. J'y viendrais plus tard.
Pour l'instant, nous sommes en mars 2011. J'étais au Japon depuis fin octobre. Vous vous souvenez sûrement du 11 mars 2011, avec le séisme, le tsunami et la centrale. J'ai vraiment cru que j'allais mourir pour de bon, cette fois. Savoir que le taux de radioactivité de la ville où l'on vit est devenu bien trop élevé est vraiment flippant. J'ai eu peur pour ma mère, à cause de l'attentat dans lequel on avait été pris. Contrairement au jour où j'ai eu mon accident, pendant l'infiltration, je ne voulais pas que ma vie se finisse comme ça. Je devais encore prendre ma revanche sur M. Reynolds pour ce qu'il m'avait fait. Lorsque ce cauchemar fut fini, j'ai pris une nouvelle résolution pour l'année 2011, un peu en retard : rien ni personne ne me tuera, à part moi. Je refusais de devoir laisser la nature m'ôter le plaisir de pouvoir, à un moment ou à un autre, finir par réussir à me tuer de mes propres mains. Afin de suivre cette bonne résolution, je comptais me tirer une balle avec une arme que j'avais trouvé chez mon oncle, mais il est arrivé au même moment... Il a essayé de me raisonner, mais j'avais toujours autant envie de mourir. Je lui suis reconnaissant d'avoir gardé ça secret. Il m'a dit que si je ne lui demandais pas d'où sortait son flingue, il garderait le silence. Je ne voulais pas inquiéter mes parents et de toutes façons, je n'avais pas la tête à me poser ce genre de question. Jeà suis resté encore un peu après mars, on était rapidement repartis à Tokyo et même si je savais que la ville avait elle aussi été touchée, je m'y sentais plus en sécurité. Au moins, là-bas, je n'avais pas peur de finir par tomber malade à cause de la radioactivité.
J'ai finalement retrouvé New York en juillet. Recommencer à travailler après tout ce temps à une période chaude n'était pas très intelligent, mais ça a été. Dès que j'ai passé la barrière du cimetière, j'ai sentis le regard plein de rage de M. Reynolds sur moi. Je n'avais pas perdu de mon envie de vengeance. Je suis passé à côté de lui et je lui ai soufflé qu'il allait me le payer. Le revoir m'avait fait prendre conscience d'une chose. Ce n'était plus qu'une simple haine que l'on éprouvait l'un pour l'autre... mais carrément des envies de meurtres. En me voyant revenir, mes collègues ont paru contents. Apparemment, en apprenant ce qu'il se passait avec M. Reynolds et en ayant vu ce qu'il y avait eu au Japon, ils avaient eu peur pour moi. En particulier Dawson, de ce que j'ai compris.
En parlant de lui, environ un an plus tard, je me suis retrouvé à vivre chez Dawson, à cause d'un dégât des eaux dans l'appartement que je louais dans Queens. Lorsque je lui en ai parlé, il m'a aussitôt proposé de venir chez lui en attendant. J'ai hésité, ne le connaissant pas plus que ça comme je vous le disais tout à l'heure, mais j'ai fini par accepté, et d'un certain sens, enfin, j'ai bien fait d'accepter car j'ai été obligé d'attendre trois mois et demis avant de pouvoir retrouver mon appartement. Le propriétaire avait soudainement souhaité refaire l'électricité après avoir refait la plomberie. Les joies d'être locataires et non plus propriétaire, ça... Ce qu'il s'est passé durant ces quelques temps a été assez... spécial. Inattendu. Si Dawson a dix ans de plus que moi, il va encore faire la tournée des bars et, un soir où j'étais reparti dans mes idées suicidaires, il m'a emmené avec lui boire quelque verres sous prétexte de me changer les idées.
Le lendemain matin, je me suis réveillé dans son lit, sans rien sur moi alors que je dors toujours en sous-vêtements et t-shirt mais aussi et surtout dans ses bras. Je l'ai aussitôt réveillé pour savoir ce qu'il s'était passé exactement. Apparemment, l'alcool m'avait rendu un peu trop joyeux et une fois rentrés, j'avais commencé à l'allumer. Il avait essayé de me faire comprendre qu'il n'était pas du même bord mais, d'après ce qu'il a dit, il avait fini par m'embrasser et se laisser faire. Voilà comment on se retrouvait dans cette situation qu'il trouvait tout aussi gênante que je la trouvais. Une fois son explication terminée, il a essayé de se rendormir tandis que moi... je commençais à me souvenir de cette folle nuit. J'ai eu envie de disparaître sous le parquet tant j'étais gêné. J'avais beau savoir que depuis la mort d’Élisa, j'enchaînais les coups d'un soir aussi bien avec des femmes que des hommes, incapables de trouver quelle est mon orientation sexuelle, je n'arrivais pas à accepter ce qu'il s'était passé cette nuit-là. Ce genre d'impulsivité-là fait aussi partie de la personnalité borderline, je crois, mais je ne vous apprend rien en vous disant ça. J'étais tellement gêné que j'ai fait mon sac pour partir je-ne-savais où mais il m'en a empêché, me disant que je n'étais pas seul responsable de ce qu'il s'était passé puisqu'on était deux à avoir bu et que de toutes façons, ce n'était pas si grave que ça, ce n'était pas la fin du monde non plus. Bien qu'ayant toujours envie de disparaître sous terre, j'ai reposé mon sac en râlant.
Je trouve que ce qu'il s'est passé pendant les semaines suivantes fait horriblement cliché. C'est vrai, c'est tellement facile à imaginer que ce n'est même pas la peine que je le dise, mais bon, je dois tout dire comme je l'ai promis à Billy. J'ai sentis mon comportement envers Dawson changer. Je me sentais plus attentionné, plus prévenant, j'avais envie d'être toujours avec lui. Je tombais amoureux. Lorsque les travaux dans mon appartement se sont terminés, je ne l'ai pas prévenu. Je ne voulais pas rentrer chez moi. Pathétique. J'avais l'impression d'être un gamin, enfin, un adolescent qui cherchait par tous les moyens à rester avec la fille qu'il aime. Dawson a accepté que je reste, bien que s'étonnant qu'il y ait du retard.
En novembre, j'ai eu l'immense joie de devoir passer une semaine et demie avec sa nièce, Amanda, venue pour les vacances de Thanksgiving. J'avais envie de la tuer. Une vraie peste, pourtant j'apprécie les enfants. Sauf ceux de son genre. Elle avait seize ans, aux premiers abords elle paraît toute gentille malgré son apparence provocatrice mais il suffit que quelque chose lui déplaise pour qu'elle explose. Ce à quoi elle ne s'attendait pas, c'est que moi aussi je sois extrêmement colérique. J'avais toujours essayé de me maîtriser en présence de Dawson, ne montrant que de la mauvaise humeur sans me mettre en colère, mais avec elle, j'ai eu beau essayé, ça n'a pas marché. J'ai failli la balancer par la fenêtre, sans plaisanter, la fenêtre était ouverte et elle était dehors jusqu'à la taille. Par chance elle est repartie le lendemain, mais je vous assure que j'étais toujours autant énervé, et ce pendant plusieurs jours. J'ai fini par me calmer, enfin, en ce qui concernait cette fille insupportable, se maquillant comme une fille de joie, adepte des mini-jupes trop courtes et des tops près du corps rendant immanquable le fait que son soutien-gorge est rembourré car, pour l'avoir vu en nuisette, je peux assurer qu'elle n'a pas de poitrine, même ma mère en avait plus à douze ans, ça se voit sur ses photos. Rien que de repenser à cette catin suffit à m'énerver, ah... peut-être pensez-vous que les termes que j'utilise pour parler d'elle sont inappropriés, que j'exagère.
Peut-être, mais juste un peu dans ce cas... car il faut savoir aussi qu'un soir où on était seuls chez Dawson, qui avait été obligé de s'absenter deux jours et de me la laisser, Amanda a remarqué que je n'allais pas vraiment bien. Elle a utilisé cet argument pour me faire boire. J'aurais dû me méfier, elle me collait un peu trop depuis que j'étais rentré du travail et j'avais entendu son oncle la prévenir de m'empêcher de commencer à boire, en ajoutant qu'une fois saoul, je draguais tout ce qui bouge. Pas très mélioratif comme portrait, et erroné en plus. En tous cas, je suis persuadé que je ne lui aurais rien fait, à sa nièce. Je n'avais bu qu'un verre lorsqu'elle est arrivé avec son allure de prostituée et m'a resservi en disant que l'alcool, ça fait du bien. Le lendemain, elle était collé à moi, dans mon lit. Gosh... rien que d'y repenser, ça me file la nausée. Jamais je n'aurais touché à une gamine de seize ans, ah non ! J'avoue avoir ma part de responsabilité, mais j'ai tout de même des valeurs morales. Sitôt réveillé, je l'ai repoussée et j'ai filé sous la douche histoire d'ôter son insupportable parfum de ma peau. Même le premier jour où j'ai dû cohabiter avec elle, je ne supportais pas cette odeur. Lorsque, pendant que je préparais le petit-déjeuner, elle est arrivée derrière moi et m'a susurré un bonjour au creux de l'oreille, je lui ai collé ma main dans la figure en lui disant qu'elle avait intérêt à se tenir à carreau si elle voulait que je ne fasse pas part de son comportement plus que déplacé à son oncle. Comme vous pouvez vous en douter, elle n'en n'a rien eu à faire. Si j'ai fini par essayer de la balancer par la fenêtre, c'est bien sûr parce qu'elle continuait de me tourner au tour mais que, par dessus le marché, elle insistait pour savoir pourquoi j'avais tant de coupures sur les bras, qu'elle avait remarqué durant la nuit. Gosh, comment ai-je pu faire une telle chose ? Ça me dégoûte toujours autant. Même si je sais que j'avais bu, je ne sais toujours pas comment ça a pu arriver. Je ne vais pas m'attarder davantage sur Amanda car franchement, cette fille, rien que d'avoir parlé d'elle, je sens que ça va me mettre en rage pour plusieurs jours. Comme si que je n'avais et n'ai pas assez de M. Reynolds... Enfin bref. Dawson a fini par revenir et sa nièce par repartir à Los Angeles, à l'autre bout du pays.
C'était le pur bonheur. Ne voulant pas qu'elle ait de problèmes, car on ne dirait peut-être pas comme ça mais on peut me faire confiance en ce qui concerne les secrets, je n'ai rien dit à Dawson au sujet d'Amanda. J'étais juste hyper mal car je m'étais rendu compte que je l'aimais et que non seulement sa nièce a obtenu ce qu'elle voulait de moi, mais en plus je lui mentais. Les fêtes de fins d'années sont arrivées et j'ai eu l'immense joie de revoir cette catin d'Amanda à la veille du jour de l'an. Un peu avant minuit, elle m'a attrapé par le col et a essayé de m'embrasser. J'ai voulu la baffer, mais Dawson est arrivé à temps et m'a débarrassé de sa pot de colle de nièce. Et à minuit sonnantes, il s'est rapproché de moi, m'a murmuré un bon année en souriant et m'a embrassé. Pas un simple smack, mais un vrai baiser. J'étais loin de m'y attendre. Le lendemain, je me suis, une nouvelle fois, retrouvé dans le lit de Dawson, dans ses bras. Sauf que là, ce n'était pas que parce qu'on avait bu. Je n'avais rien remarqué avant ce soir.
Être à nouveau en couple après la mort d’Élisa m'a fait beaucoup de bien, j'avais même l'impression que mes problèmes liés à cette personnalité borderline étaient moins présents. À cette période, pour la première fois depuis pas mal de temps, j'ai été heureux. Heureux d'être en vie. Avant, j'avais encore du mal à penser à ma femme sans avoir envie de me foutre en l'air. Me sentir à nouveau aimé m'a sûrement aidé à faire mon deuil. Au fil des mois que j'ai passé en couple avec Dawson, penser à Élisa était de moins en moins dur. J'ai fini par pouvoir songer à nos moments passés ensemble sans tristesse, simplement avec nostalgie pour cette époque désormais révolue. Comme ma tante me l'a dit, Élisa voudrait me voir heureux. S'il y a réellement une vie après la mort, elle devait être contente de voir que j'ai fini par retrouver l'amour. Le seul point négatif de cette période a été, bien évidemment, M. Reynolds. Comme par hasard. Un soir de début d'automne, il nous a surpris en train de s'embrasser, sur le parking. Au moment où j'ai croisé son regard, j'ai deviné qu'il avait trouvé un autre de mes points sensibles. Les propos racistes qu'il peut avoir ne me touchent pas plus que ça. En revanche, j'ai plus de mal avec ceux homophobes. Contrairement au racisme, ceux-ci étaient également adressés à Dawson et ça, je ne le supportais pas. Je ne supportais pas qu'il doive à son tour supporter ce que je vivais depuis plusieurs années. Surtout que plus les piques passaient, plus M. Reynolds devenait blessant. J'ai, à cause de ça, fini par rompre avec Dawson. Je lui ai dis qu'en fait, je culpabilisais à cause d’Élisa. La vraie version, c'est que je ne voulais pas que M. Reynolds s'en prenne à lui. Peut-être qu'il l'a deviné, ça ne m'étonnerait pas. À moins qu'en fait c'est parce qu'il se fout de moi, car il a accepté ma décision sans trop essayer de me faire changer d'avis. J'ai cru qu'il ne tenait pas à moi, à l'époque j'en étais persuadé. Valorisation et dévalorisation immédiate et pas forcément justifiée. Alors, n'ayant à nouveau plus rien qui me poussait à vivre, j'ai voulu me suicider. Ça a raté, encore une fois. »
J'avais voulu faire une surdose de drogue. Je ne réussissais pas à me débarrasser de cette saleté d'addiction à la coke, je m'étais dit que ça ferait d'une pierre deux coups. Je réussirais à me tuer et je ne serais plus dépendant. Je ne savais par quel miracle, Dawson m'avait sauvé. Il savait que j'étais drogué car à mon grand malheur, ce n'était pas parce que j'étais en couple que je n'avais plus besoin de ma dose... Peut-être m'avait-il suivi lorsque j'étais parti de chez lui et étais allé voir mon dealeur. Il me connaissait bien, donc évidemment, c'était facile à prévoir que je tenterais de me suicider.
« Je n'ai pas tout de suite obtenu ce que je voulais. M. Reynolds, bien qu'ayant appris que c'était terminé entre Dawson et moi, ne l'a pas laissé aussitôt en dehors de notre guerre. Si bien que cette fois-ci, c'est moi qui ai décoché le premier coup de poing. J'étais encore amoureux, je ne supportais pas que ses paroles puissent affecter Dawson. J'ai tenu encore moins longtemps que la première fois. Deux, trois coups plus tard j'étais au tapis. J'ai tenté de me relever, mais tout ce que j'ai réussi à faire une fois debout c'est perdre l'équilibre et retomber au sol en me cognant la tête contre le mur derrière moi.
Rapidement, je suis tombé encore une fois dans les vapes sauf que cette fois-ci ce fut ''légèrement'' plus grave. J'ai eu le droit à trois semaines de coma, quasiment un mois et à un traumatisme cranien dont malheureusement je ne garde quasiment pas de conséquences. Quand je me suis réveillé, j'ai vu, à nouveau, Dawson, mais aussi ma mère. Mon père est arrivé quelques minutes après. Dawson s'était dit qu'il serait peut-être mieux que mes parents soient au courant de l'état dans lequel je m'étais retrouvé et s'était débrouillé pour les contacter. Quand, une fois tous les deux seuls, je lui ai demandé s'il leur avait dit ce qu'il s'était passé, il a répondu que c'était mes affaires et qu'il n'avait pas à intervenir dedans. Il leur a juste dit que j'avais dû faire une mauvaise chute. Je savais que je pouvais lui faire confiance... jamais Dawson ne trahira quelqu'un. Comme moi, il est digne de confiance.
Lorsque mes parents sont revenus dans la pièce, j'essayais de dormir. Je somnolais. J'aurai aimé avoir eu la chance d'être en sommeil profond. Eux pensaient que je dormais, c'est sûrement pour ça qu'ils ont discuté de leur hypothèse sur la cause de ma chute. Le fait qu'ils parlaient en japonais ne m'a pas plus interpellé que ça. Quand ils ont commencé à parler de clans rivaux, j'ai commencé à trouver ça étrange. J'étais à moitié endormi, je ne comprenais pas tout. Ça ne m'empêchait pas de penser que ce qui parvenait à mon cerveau était bizarre. Au moment où le nom d'Inagawa-kai est parvenu à mes oreilles, j'ai froncé les sourcils. C'était le nom de l'une des quatre principales familles de la mafia japonaise, dans l'un de mes jeux vidéos. Je les ai laissé parler quelques instants encore, pour voir ce qu'ils allaient dire d'autre. ''Pourquoi parlez-vous de d'Inagawa-kai comme si vous faisiez partie de la mafia japonaise ?'', ai-je demandé, en japonais, comme eux. Je ne réussis que très difficilement à parler dans une autre langue que le japonais quand je ne suis pas dans mon état normal. Somnolent, bien bourré, sous l'effet de drogues, enfin, ce genre de choses. C'est vrai que c'était perturbant, d'entendre mes parents parler de ça en disant ''la famille''. Ils se sont aussitôt tus et aussitôt, j'ai fini par m'endormir. Au moment où je me suis réveillé, je pensais avoir rêvé, que c'était la conséquence d'avoir trop jouer aux jeux vidéos. Mes parents étaient toujours là et, lorsqu'elle a remarqué que j'étais réveillé, ma mère s'est approchée. Elle a pris ma main dans les siennes et m'a regardé fixement, comme toujours lorsqu'elle a quelque chose d'important à me dire. Son père était un yakuza. Et comme mon père, elle fait partie de la mafia japonaise, enfin, comme une femme peut en faire partie bien sûr. »
J'avais lancé un regard à mon père, incrédule. Assis contre le rebord de la fenêtre, il avait les bras croisés et la tête baissé. À ce moment, je compris que ce n'était pas une plaisanterie. Il s'était rapproché. « On tenait à te tenir éloigné de ça le plus longtemps possible. Nous nous doutions qu'un jour ou l'autre, tu allais finir par l'apprendre... Dans la mafia, il faut s'attendre à tout, l'hypothèse qu'un clan rival, japonais ou non, ait essayé de nous atteindre en passant par toi nous est venue, surtout qu'il y a récemment eu un ''léger'' incident. On pensait que tu dormais... si on avait su on serait restés dehors pour parler. » Voilà comment je sus que ma famille maternelle et mon père étaient des yakuzas. En entendant le mot incident, mon père avait rapidement passé sa main dans ses boucles rousses, comme souvent lorsqu'il cherchait ses mots. Je vis alors qu'il lui manquait une partie de doigt. Je savais que lorsqu'il commet une faute, il y a une histoire comme quoi un yakuza doit se couper lui-même le doigt. Gosh...
« Alors que j'allais assez bien à cette période, enfin, si on exclut l'incident avec M. Reynolds, j'ai recommencé à me sentir mal. Atrocement mal. J'avais perdue cette habitude de me sentir terriblement seul, de toujours avoir peur d'être abandonné. Enfin, perdue... si on veut. Toujours est-il que depuis, ça ne va pas vraiment. J'ai peur pour mes parents, pour ma propre vie aussi, même si je n'y tiens pas beaucoup. Comme à chaque fois, je suis reparti au Japon, après ça.
Début février 2014, j'étais de retour à New York. J'avais toujours des sentiments envers Dawson, et encore aujourd'hui j'en ai toujours. La limite entre l'amour et l'amitié me semble toujours floue avec lui. Quand je suis rentré, j'ai décidé qu'il fallait que je prenne ma vie en main, que je fasse quelque chose de mon existence. Ce n'était pas la première fois que je pensais ça. Et à chaque fois, ça ne durait pas longtemps. Un soir où j'avais bu assez pour être désinhibé sans être saoul, j'ai longtemps parlé avec Dawson de ce que je ressentais à cause de mon trouble de la personnalité. Il m'a dit que j'avais sûrement besoin d'un but pour ne plus tenter de me suicider, que j'avais besoin de me sentir utile. C'était vrai que je désirais être capable de faire de mon existence plus que quelque chose sans intérêt et banal, surtout que maintenant je ne suis plus dans la police. Il m'a parlé du parrainage d'enfant, en disant que comme je suis riche ça ne me poserait pas de problèmes financiers et que ça pourrait peut-être être une bonne idée.
Le lendemain, j'ai repensé à ce qu'il m'avait dit et trouvant que sa suggestion n'était pas idiote, je me suis renseigné. Quelques temps plus tard, j'ai adhéré à une association s'occupant de ce genre de chose. Je ne sais pas si vous connaissez ce sentiment de joie, au moment où vous comprenez que votre vie profite à quelqu'un, mais lorsque j'ai reçu le premier dessin de la longue série que m'a envoyé ma filleule laotienne, ça m'a motivé à me battre pour lui permettre d'avoir la chance de pouvoir aller à l'école, être soignée, et pouvoir avoir tout ce dont elle a besoin. Même sans la connaître, je me suis vite attaché à elle. J'ai commencé à m'intéresser à son pays, je suis même en train d'apprendre le lao pour pouvoir parler avec elle. Une fillette de neuf ans à qui j'assure une vie aisée ne risque pas de m'abandonner, ce n'est pas comme les adultes. Je ne ressens pas ce besoin de tout faire pour que Meo ne me laisse pas tomber et, grâce à elle, j'ai à nouveau une raison de me battre contre la mort. Cette mort qui me nargue en permanence... Encore maintenant, j'ai souvent envie d'en finir. Mais je pense à Meo, et je me dis qu'apprendre que je suis mort la rendrait sûrement très triste et je réussis à supporter. Difficilement, certes. Dawson a vraiment eu une bonne idée en me parlant du parrainage d'enfants...
Que dire d'autre que je n'ai pas encore dit ? Eh bien... depuis mon retour du Japon, M. Reynolds me tape toujours sur les nerfs et ce réciproquement, j'imagine, mais je suis toujours décidé à lui faire payer de m'avoir fait enterrer ma femme, ma pauvre Élisa, et maintenant, je veux aussi lui faire payer ses insultes homophobes à l'égard de Dawson. J'ai l'impression que ce silence entre nous n'est guère de bon augure et qu'il doit préparer un coup en douce. Je sais bien qu'il aimerait se débarrasser de moi une bonne fois pour toutes, M. Reynolds a depuis quelques temps désormais une lueur meurtrière dans son regard, encore plus présente qu'auparavant. Il n'a encore rien tenté, ça va bien finir par arriver. Enfin, rien tenté... il a quand même réussi à me faire plonger dans le coma plusieurs semaines. Manque de chance, je suis encore vivant. J'aime mon travail, je ne démissionnerai pour rien au monde, même si je ne supporte pas M. Reynolds. Peut-être que je réussirais malgré tout à voir Dawson en dehors du cadre professionnel, si je changeais de travail, mais ce n'est pas pour lui que je reste. J'ai bien sûr cette fascination pour tout ce qui concerne la mort, mais aussi cette vocation d'aider les autres. Lorsque je vois des visiteurs pleurer sur la tombe d'un proche et qu'ils n'ont vraiment pas l'air bien, j'essaie de les aider à aller mieux. Bien sûr, je ne suis qu'un fossoyeur parmi tant d'autres, je ne peux pas faire grand chose pour eux. Je ne peux plus aider les gens de la même façon que quand j'étais policier, mais ce n'est pas grave, c'est mieux que rien. Et puis, il y a au moins Meo que je peux beaucoup aider.
Votre diagnostic ? Suis-je fou ? Non, je ne suis pas fou. Il m'arrive parfois d'avoir des hallucinations mais je ne suis pas fou pour autant.
Je ne suis qu'un pauvre riche fossoyeur suicidaire atteint de personnalité borderline, perdu dans ses sentiments, fils de yakuzas, fan de jeux vidéos et portant malheur.
Je n'ai plus rien à dire, il me semble. En tous cas, ne dites rien de ce que j'ai dit à Billy si elle vient vous demander. Bon, ce n'est pas que votre compagnie me déplaît – elle m'insupporte horriblement – mais je dois vous laisser. Je suis attendu par des personnes ayant un niveau intellectuel autrement plus élevé. Sayonara. »


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JJ MacMillan

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MessageSujet: Re: Vienne la nuit sonne l'heure Les jours s'en vont je demeure Vienne la nuit sonne l'heure Les jours s'en vont je demeure I_icon_minitimeMar 14 Avr - 19:13

Yeeeeaaaahhh !! Jiiiiinnnn 68 68 68

Bienvenue officiellement parmi nous 92

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MessageSujet: Re: Vienne la nuit sonne l'heure Les jours s'en vont je demeure Vienne la nuit sonne l'heure Les jours s'en vont je demeure I_icon_minitimeMar 14 Avr - 19:39

Bienvenue parmi nous hanna
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MessageSujet: Re: Vienne la nuit sonne l'heure Les jours s'en vont je demeure Vienne la nuit sonne l'heure Les jours s'en vont je demeure I_icon_minitimeMar 14 Avr - 19:50

Merci 24
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Hally Johnson

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MessageSujet: Re: Vienne la nuit sonne l'heure Les jours s'en vont je demeure Vienne la nuit sonne l'heure Les jours s'en vont je demeure I_icon_minitimeMar 14 Avr - 23:21

Earth ... ouf, sauvée ! :p
Bienvenue coeur

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«Un jour viendra où tu te rendras compte que tourner la page était la meilleure décision, car tu réaliseras que ce chapitre n'avait rien de plus à te raconter».
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JJ MacMillan

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MessageSujet: Re: Vienne la nuit sonne l'heure Les jours s'en vont je demeure Vienne la nuit sonne l'heure Les jours s'en vont je demeure I_icon_minitimeMar 14 Avr - 23:28

C'est moi qui vais te valider alors ! Wink

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MessageSujet: Re: Vienne la nuit sonne l'heure Les jours s'en vont je demeure Vienne la nuit sonne l'heure Les jours s'en vont je demeure I_icon_minitimeMer 15 Avr - 10:05

Bienvenue.

Jin... ça me rappel le personnage d'un ami.. bref lol

Bon courage pour ta fiche.
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MessageSujet: Re: Vienne la nuit sonne l'heure Les jours s'en vont je demeure Vienne la nuit sonne l'heure Les jours s'en vont je demeure I_icon_minitimeMer 15 Avr - 11:26

Bienvenue à toi & bon courage pour ta fiche !
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MessageSujet: Re: Vienne la nuit sonne l'heure Les jours s'en vont je demeure Vienne la nuit sonne l'heure Les jours s'en vont je demeure I_icon_minitimeMer 15 Avr - 14:46

Merci tout le monde luve
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MessageSujet: Re: Vienne la nuit sonne l'heure Les jours s'en vont je demeure Vienne la nuit sonne l'heure Les jours s'en vont je demeure I_icon_minitimeMer 15 Avr - 16:21


Au top du top mon loupiot

Bravoooooo !



Tu sais déjà ce que je pense de ton perso. Je l'adore. Un personnage sombre et torturé comme on les aime. J'espère que Bailey finira par trouver un peu de repos parmi nous DC

Félicitations ! Tu fais partie de la liste des membres validés de WITS !  pompom Et pour l'occasion, tout le monde fait péter la bouteille à ton honneur alcool Mais attention, ce n'est pas terminé maintenant, il te reste deux ou trois trucs à faire comme avoir pleins d'amis ! Eh oui ! Va donc découvrir le monde des fiches de liens de la mort qui tue, te trouver un logement qui claquera sa maman et court vite RP avec nous tous !  36  Si tu es sympa tu peux aller voter sur les Tops Sites, au moins tu nous fileras un coup de patte pour que l'on soit un peu plus connu.  62 Et si tu te sens seul, crées-toi donc un scénario d'amour (ou non). Le plus important reste que tu nous aimes fort fort fort (allez ne mens pas on le sait !).  68  gaga  coeur2



_________________
Stop letting fear rule your life
«So then learn to conquer your fear. This is the only art we have to master nowadays: to look at things without fear, and to fearlessly do right.»
   
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MessageSujet: Re: Vienne la nuit sonne l'heure Les jours s'en vont je demeure Vienne la nuit sonne l'heure Les jours s'en vont je demeure I_icon_minitimeMer 15 Avr - 16:29

Haan merci >w< moi aussi je l'adore, c'est mon dieu, que je vénère tous les soirs *sort*
Citation :
J'espère que Bailey finira par trouver un peu de repos parmi nous
Lui aussi il aimerait. Malheureusement on a pas toujours ce que l'on souhaiterait. coeur1
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MessageSujet: Re: Vienne la nuit sonne l'heure Les jours s'en vont je demeure Vienne la nuit sonne l'heure Les jours s'en vont je demeure I_icon_minitimeJeu 16 Avr - 20:01


Le prénom + le métier gaga

Et OMG c'te fiche de maaalaaadee 76 J'aurais jamais osé tout lire 71

Bref 58

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Rory G. Deeks

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MessageSujet: Re: Vienne la nuit sonne l'heure Les jours s'en vont je demeure Vienne la nuit sonne l'heure Les jours s'en vont je demeure I_icon_minitimeJeu 16 Avr - 21:18

Welcome sur WITS !!! 99
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MessageSujet: Re: Vienne la nuit sonne l'heure Les jours s'en vont je demeure Vienne la nuit sonne l'heure Les jours s'en vont je demeure I_icon_minitime

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Vienne la nuit sonne l'heure Les jours s'en vont je demeure

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